LA HONGRIE ANNONCE SON RETRAIT DE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE

Paris / La Gazette
Le gouvernement hongrois a annoncé qu'il commencera le processus de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), coïncidant avec la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Budapest.
C'est la première fois que B. Netanyahu met les pieds sur le sol européen depuis que la CPI a émis un mandat d'arrêt contre lui en mai 2024.
Le mandat de la CPI allègue que le PM Netanyahu est pénalement responsable de crimes de guerre, y compris « la famine comme méthode de guerre » et « des crimes contre l'humanité de meurtre, de persécution et d'autres actes inhumains ». La décision de la cour d'émettre le mandat était basée sur des preuves que B. Netanyahu a joué un rôle clé dans les actions menées pendant le conflit en cours à Gaza.
Sous la juridiction de la CPI, les États membres sont tenus d'arrêter les individus recherchés par la cour. La Hongrie, en tant que signataire du Statut de Rome, est tenue de respecter cette obligation. Cependant, le Secrétaire d'État hongrois aux Communications et Relations internationales, Zoltan Kovacs, a confirmé que le pays initiera son retrait de la CPI le 3 avril, une décision conforme aux engagements constitutionnels et juridiques internationaux de la Hongrie.
Si la Hongrie poursuit son retrait, elle deviendra le seul pays de l'Union européenne à quitter la cour. Actuellement, Israël n'est pas signataire de la CPI, pas plus que d'autres pays comme les États-Unis, la Chine, la Russie et l'Arabie Saoudite.
Le mandat de la CPI contre B. Netanyahu fait suite à l'émission de mandats similaires contre des dirigeants de haut rang du Hamas, y compris Yahya Sinwar, Mohammed Deif et Ismail Haniyeh, tous tués depuis le début de la guerre.
Cela marque un développement significatif, car B. Netanyahu devient le premier dirigeant d'un proche allié des États-Unis à faire face à des poursuites devant la CPI, le plaçant en compagnie du président russe Vladimir Poutine, qui fait face à un mandat d'arrêt pour la guerre de la Russie en Ukraine, et de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui faisait face à un mandat d'arrêt de la CPI pour des crimes contre l'humanité au moment de sa capture et de son assassinat en octobre 2011.
La décision de la Hongrie de se retirer de la CPI a suscité un débat international, en particulier au sein de l'Union européenne, car elle remet en question l'engagement collectif du bloc envers l'autorité de la cour et ses efforts pour garantir la responsabilité en matière de crimes de guerre.