L'IRAN RÉCLAME UNE « POSITION TRANSPARENTE » DE L'AIEA SUR LES MENACES PESANT SUR SES SITES NUCLÉAIRES

Paris / La Gazette
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exhorté l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à adopter une "position transparente" concernant les menaces potentielles pesant sur les installations nucléaires du pays.
"Cette agence doit adopter une position transparente concernant les menaces pesant sur les installations nucléaires de l'Iran", a déclaré le ministre lors d'un entretien téléphonique avec le Directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, le 1er avril.
M. Araghchi a informé M. Grossi des dernières négociations diplomatiques et a souligné que Téhéran "adopterait toute initiative nécessaire pour protéger son programme nucléaire".
À son tour, le chef de l'AIEA a assuré qu'il consulterait toutes les parties pour créer l'atmosphère adéquate afin de résoudre les problèmes en suspens.
M. Grossi a également proposé de se rendre en Iran lors d'entretien téléphonique. Le chef de la diplomatie Iranienne a donné une approbation préliminaire, et les deux parties ont convenu de finaliser les détails plus tard.
Ces pourparlers interviennent après que le président américain Donald Trump a menacé l'Iran le 30 mars, en disant qu'il "y aura des bombardements" si Téhéran ne négocie pas un nouvel accord nucléaire avec les États-Unis.
"Ce sera un bombardement comme ils n'en ont jamais vu auparavant", a déclaré M; Trump à NBC lors d'une interview téléphonique, ajoutant qu'"il y a une chance que si ils ne concluent pas d'accord, je leur impose des tarifs secondaires comme je l'ai fait il y a quatre ans".
Ses remarques sont intervenues après que l'Iran a rejeté les négociations directes. L'Iran a envoyé une réponse par l'intermédiaire d'Oman à la lettre du président Trump dans laquelle il a exhorté Téhéran à conclure un nouvel accord nucléaire. Le ministre iranien des Affaires étrangères a laissée entendre le 27 mars que "notre politique est toujours de ne pas engager de négociations directes sous pression maximale et menaces militaires; cependant, comme cela a été le cas dans le passé, des négociations indirectes peuvent continuer".
Le contenu de la lettre de Donald Trump, adressée au Guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, n'a pas été divulgué. Anwar Gargash, un haut diplomate émirati, a remis le message aux responsables iraniens le 12 mars alors qu'il était à Téhéran. Les détails de la réponse de l'Iran restent non divulgués, bien que Téhéran ait jusqu'à présent rejeté les avertissements du président Trump de négocier ou de faire face à une action militaire.
Le 31 mars, l'Ayatollah Khamenei a réagi indirectement à la menace de D. Trump, avertissant que "si un mal quelconque est commis de l'étranger, ce qui est bien sûr peu probable, ils recevront certainement un coup de riposte ferme".
Plus tôt, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que la réponse de Téhéran à une lettre de Donald Trump rejetait l'idée de négociations nucléaires directes avec les États-Unis tout en ouvrant la porte à des discussions indirectes.
"La question des négociations directes entre les deux parties a été rejetée dans cette réponse, mais tout comme la République islamique n'avait jamais fermé la voie du dialogue indirect auparavant, cette lettre a également déclaré que la voie des négociations indirectes est ouverte et a souligné que l'Iran n'a jamais évité les négociations", a expliqué le président iranien lors d'une réunion du cabinet le 30 mars.
Pendant son premier mandat, D. Trump a retiré les États-Unis de l'accord nucléaire de 2015 avec l'Iran, formellement connu sous le nom de Plan d'action global commun (JCPOA), et a réinstauré des sanctions contre l'Iran en mai 2018. L'accord visait à empêcher l'Iran de développer des armes nucléaires, et Téhéran a accepté de limiter son programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions internationales.
Cependant, suite à la décision du président Trump, l'Iran a ensuite commencé à réduire ses propres engagements. Depuis le retrait des États-Unis, l'AIEA a précisé que l'Iran avait accumulé suffisamment de matériel fissile pour plusieurs armes nucléaires, mais n'a pas pris de mesures pour en construire une.
En attendant, l'Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire est pacifique, et les responsables citent régulièrement la fatwa de Khamenei comme preuve. Toutefois, de plus en plus de voix s'élèvent au sein de la classe politique pour demander que la doctrine nucléaire du pays soit reconsidérée, en raison des conflits régionaux croissants et des menaces des États-Unis et d'Israël